DÉTOURS EN ANDALOUSIE, EN GRAISSE ET CONTRE TOUT

alhambra

Je vais me faire des ennemis, mais il faut l’avouer, la gastronomie espagnole est désespérante ! L’Espagne a pourtant accouché de grands chefs, comme Ferran Adria ou Martin Berasategui ; mais ses fondements, cette cuisine qui continue d’occuper les tables du plus grand nombre, est largement exagérée en acides gras, même essentiels. Et l’escapade en Andalousie devient vite une mono diète de Jabugo, les assiettes rougies de ce délice fondant et carmin. A ses côtés, des olives grosses comme des kumquats nous accueillent sur les tables et de belles huiles d’olives première pression à froid imbibent le pain pour faire oublier sa qualité très moyenne. Des gaspachos bien épais, à mille lieues des pénibles et acides soupes de tomate en brique, nous réconfortent un peu. Mais les tortillas compactes, l’obsession de la salade verte et graissée, les calamars en caoutchouc nous faisaient espérer le dessert… Evitons purement et simplement le sujet des pâtisseries, à la fois fades et trop sucrées et quelquefois étrangement colorées. Et puis, au milieu de nulle part dans la pampa entre Loja et Grenade, à l’auberge d’Alfarnate, une étrangeté, élaborée contre tous les principes diététiques, a pourtant retenu mon attention. Des aubergines frites, très légèrement panée façon tempura et arrosées de sirop de sucre de canne. Et, en leur présence, se retenir de céder à un goinfrage primitif est suffisamment éloquent pour confirmer que oui, on a aimé.